UN AIR DE B.O.

08112008211Arnaud Floc’h et Thierry Murat viennent de sorti chez Delcourt (collection « Mirages ») une BD intitulée « Le poisson-chat ». L’histoire de deux frères prisonniers d’une relation complexe que vient parasiter la petite délinquance, les affaires de coeurs, la drogue, la familles et des poissons rouges. Le dessin épuré mais dense (on pense à Jean-Claude Götting) offre au récit une jolie lisibilité tout en renforçant une sensation du buker face à cette paire fraternelle confrontée à ses errances et à ses démons. Si j’en parle ici, c’est pur relever la présence d’une guest-stat, l’album à la banane du Velvet Undeground et de Nico. Au dessus du bunker où on élu refuge Serge et Hubert s’élève la mélodie de « Sunday Morning », le LP qui tourne sur vieux pick-up est un des éléments importants de l’album parce qu’il s’inscrit dans les liens tissés entre les deux personnages principaux mais également parce qu’il offre une bande-son à l’histoire. Et puis, la pochette est bien mise en scène. Cela me fait penser à l’utilisation du jazz dans certains romans de David Goodis. Je me souviens d’un polar où la trompette de Dizzy Gillespie venait ainsi ponctuer le récit avec une phrase du genre « …et la trompette de Dizzy montait, montait. ». Je me souviens plus du roman où ce procédé était utilisé. Par contre, dans « Cauchemar », j’ai retrouvé ce passage tout aussi éclairant: « Parry poussa la manette du pick-up. Le disque noir se mit à tourner. Il abaissa l’aiguille et les premières variations de Shorty Rogers éclatèrent. Parry se tenait près du pick-up. Il suivait les révolutions du disque, la formation de Count Basie s’évadait dans la quatrième dimension. Il reconnu la trompette de Buck Clayton et sourit. Son sourire d’argile tendre durcit comme du ciment, lorsqu’il entendit des coups frappés à la porte de l’appartement ». Splendide! Musique et récit se mêlent comme jamais. Le fonctionnement mécanique du pick-up, lui même, participe à l’histoire en toute efficacité érudite. A propos de David Goodis, en feuilletant ses romans, ce matin, je suis tombé sur une référence à Yma Sumac dont je parlais il y a quelques jours: « Tu sais, dit Charley, Frieda gueule plus fort qu’Yma Sumac. J’aurai mon feu sur les genoux. A toi de conclure ». J’adore ces hasards croisés d’écoute et de lecture.

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~ par anton levski sur novembre 8, 2008.

Une Réponse to “UN AIR DE B.O.”

  1. Bonjour AntonLevski que je ne connais pas. Merci pour ces quelques mots qui me vont droit au coeur.
    arnaud floc’h

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