COLIN

 

colin5Le hasard nous permet parfois de déceler nos profondes cohérences. Ce matin, en rangeant mes 33 tours, mon regard s’est posé sur la pochette d’un Count Basie. Ce longue durée microsillon s’intitule « Succès de Count Basie – N°3 » et doit dater des années cinquante. Comme son nom l’indique, c’est une compilation qui, en l’occurence, regroupe quelques oeuvres du pianiste et de son orchestre enregistrés de 1937 à 1939. Dans ses notes de pochette, Madeleine Gautier dit tout le bien qu’elle pense de la musique de Count et définit notamment une de ses spécialités, le riff, de façon claire et pédagogique… « Le riff » écrit-elle « c’est une phrase brève, simple très rythmique, destinée à être longuement répétée, soit par tout l’orchestre, soit par une des sections instrumentales en guise de soutien à l’improvisation des solistes ». Mais si je vous parle de ce disque, ce n’est pas pour sa musique, ni ses notes de pochette, mais pour sa cover. Splendide avec des aplats de couleur qui prennent des libertés par rapport aux contours du dessin… Du rouge, du pourpre et du blanc. Et un dessin dont le degré de stylisation varie en fonction des personnages. Et le hasard dans tout cela? J’y arrive. Ce dessin, on le doit à Paul Colin qui se manifeste dans le dessin à travers une petite signature ramassée en lettres capitales. Neuf lettres qui me renvoyaient à un souvenir visuel tout récent… Paul Colin… Paul Colin… Et c’est là, au moment de pose la pochette sur le bureau, que le souvenir s’est précisé en une délicieuse certitude. La veille, Paul Colin m’avait déjà ravi les yeux avec un dessin repris sur la couverture des « Nuits Blanches du Grand Guignol » , ouvrage très intéressant paru au Seuil et consacré au théâtre « d’épouvante et de rire » de la fin du dix-neuvième siècle aux années 60. C’est que Paul Colin était un artiste intimement lié au spectacle. Né en 1892, Colin verra la valeur de sa signature d’affichiste grimper en flèche dans les années 20 lorsqu’il donnera à voir sur les murs de Paris sa vision de la « Revue Nègre » pétrie de cubisme et d’exotisme. Il croquera alors Josephine Baker et le monde du music-hall notamment dans le splendide « Tumulte Noir », que l’on peut admirer à cette adresse http://www.npg.si.edu/exh/noir/list.htm. Dans ce portfolio, le jazz est aussi présent rendant hommage à cette musique qui collait parfaitement à ce tumulte peint par Paul Colin…  Celui-ci est mort en 1985 laissant derrière lui une revue21oeuvre majeure qui continue à servir d’exemple…colin2seuil1

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~ par anton levski sur décembre 23, 2008.

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